Commune de Burtigny - Tel: 022 366 24 12

 Biolley

Commune de Burtigny, district de Nyon, canton de Vaud

 

 

HISTORIQUE

Quand son nom apparaît dans  l'histoire, Biolley faisasit partie du domaine des dynastes de Cossonay, branche de Prangins. Un acte de Bonmont, entre les communautés de Gimel et de Marchhissy, rappelle qu'en 1262, Wuillierme de Prangins était qualifié de seigneur de Mont, Bioley et Marchissy. En 1267, Jean de Prangins, l'aîné, dans le partage des biens, reçoit Prangins avec Mont-le-Vieux et Bioley. Pour échapper à l'étreinte de la Savoie, Jean seigneur de Prangins prête hommage à Rodolphe de Habsbourg et soumet à la domination de celui-ci le château de Bioley ainsi que la châtellenie de Prangins etn réservant fidélité dûe à l'archevêque de Besançon, au comte de Savoie et au seigneur de Gex1. Il y a là une difficulté, car c'était Aymon qui était alors seigneur de Prangins; ce Jean serait alors un Cossonay, frère de Jaques, mais le seigneur de Prangins a pu remettre le château à un membre de sa famille. En 1286, Amédée de Savoie fait un traité de paix avec son frère Louis et lui cède Bioley. Dans la  lutte contre la Savoie, Aymonde Prangins-Nyon devait succomber et perdre ses fiefs. En 1293, le comte de Savoie, avec son frère Louis, mit le siège devant Nyon, Prangins, Bioley et Mont-le-Vieux. Le 9 juillet suivant, deux actes sont signés à Noyn par Louis de Vaud; dans le premieril reconnaît devoir à son frère Amédée 300 livres vienneoises pour les dépenses faites pour prendre Nyon et Mont; dans le second il confesseavoir reçu en augmentation de fief les châteaux de Mont et Bioley2. Bien que dépossédée, Ancellie, fille de Jean de Prangins, cède à son frère Perronet sa part d'héritage sur les châteaux de Mont, Bioley et d'autres châteaux.  Mont-le-Vieux et Bioley continuèrent à former des châtellenies; en 1294, Bioley avait le nommé Pierre Cochet comme châtelain de Louis de Savoie. Peu à peu cette place fut abandonnée, la châtellenie n'existait déjà plus en 1314. En 1868, on exploite les murs du château3.

 

Description archéologique

L'ensemble de ce château, dont seuls quelques fossés, des traces du donjon et la base des murs d'enceinte au-dessus de la Serine subsistent encore, formait un dessin ovoïde avec des parties rectilignes à l'orient, des deux côtés du donjon. Cette assez vaste enceinte, 101m. dans l'axe longitudinal, ne présenteplus à l'intérieur qucune construction. Seul à l'est, formant comme un éperon, le donjon dominait la position fortifiée. Du côté de la Serine, au couchant et au nord, les pentessontabruptes, mais à l'est il était nécessaire d'isoler la forteresse du reste du plateau;on creusa dans ce but un double fosé semi-concentrique finissant au midi dans un ravin dû à l'érosion d'un ruisseau. Le donjon même formait un tout à part, à l'intérieur de la position, isolé par un fossé. une motte artificielle supportait grosse tour quandrangulaire dont on voyait encore qulques substructions en 1922. Elle mesurait 16 mètres sur 22 mètres, un ouvrage important qui était bien la seule pièce maîtresse du castrum. L'entrée a  maintenant disparuavec le déplacement des chemins d'accès; elle se trouvait au nord de la tour et on devait contourner la position pour y parvenir en suivant un passage entre deux fossés. Ce plan, bien typique des ouvrages militaires de l'époque romane, probablementencore du XIIe siècle, indique non un bourg mais une place de refuge pour la population et des dépendances liées à la grosse tour. Les angles de l'enceinte semblent surmonter les murs aux angles, comme on le constatedans d'autres ouvrages similaires.Le château ayant été abandonné au XIVe siècle, sa disposition n'a pas été modifiée par la suite.

 

Situation

L'emplacement de ces ruines se trouve au sud-est de Burtigny (Atlas topographique fédéral, coordonnées : 505'50/146'050, commune de Burtigny) dans les bois, au-dessus de la Serine (altitude 650 mètres). On en voyait encore bien les fossés et l'emplacement de la grande tour quand nous en avons fait un relevé en 1922. Un plan de Burtigny de 1729 donne l'ensemble des vieilles murailles et les "mazures" du donjon. Ce château n'était pas directement sur le grande route de Begnins-Burtigy, Saint-George et le Marchairuz, mais il en surveillait le passage. Il faisait partie de l'ensemble des places fortes de Mont-le-Grand, Mont-le-Vieux,Vincy sur les hauteurs de la Côte.

D'après M. Louis Blondel . Châteaux de l'ancien diocèse de Genève, 1978, Genève, société d'histoire et d'archéologie, Alex. Jullien libraire.